1 an avec toi

28 décembre 2013 — 2 Commentaires

Le 25 décembre 2012, je me bourrais la face de cipâte et de pâté à la viande chez ma belle-famille, ne sachant pas que j’allais accoucher quelques heures plus tard. J’ai connu mes premières contractions après l’heure du souper et j’ai crié : «ah! C’est ÇA une contraction!». Toute la famille a bien rigolée. On a été sage et on a demandé au beau-frère d’aller nous reconduire à la maison. Le chemin du retour dure moins de 20 minutes et j’ai eu le temps d’avoir plusieurs contractions. À la maison, les choses ont rapidement évoluées… Voici le récit de mon accouchement et une courte réflexion sur cette dernière année puisque le temps me manque. On va aller à l’essentiel.

L’accouchement > moment le plus intense de ma vie

  • Vers 23h30, j’avais des contractions aux 2 minutes qui duraient plus de 45 secondes.
  • J’ai pris un bain chaud et rien n’a arrêté.
  • Quand j’ai commencé à me pencher sur tout pour supporter la douleur, à plier les genoux sous la force de l’inconfort et à vomir, j’ai accepté l’éventualité de mon accouchement.
  • Ça ne me tentait pas.
  • On a pris un taxi pour l’hôpital à 1h du matin.
  • À mon arrivée à l’accueil, j’étais dilatée à 6 cm. C’était très douloureux. J’avais des contractions aux 30 secondes.
  • On m’a transféré en chambre de travail.
  • Ils ont eu de la difficulté à m’installer le soluté, ils essayaient de me trouver une veine, mais je bougeais sous l’effet des contractions (j’avais hâte en sacrament de recevoir l’épidurale).
  • J’ai eu peur qu’il ne soit trop tard pour la recevoir. La joie quand j’ai entendu les mots magiques «il est là».
  • L’anesthésiste est arrivé lorsque j’étais dilatée à 9 cm (pour ceux qui ne connaissent pas les étapes de l’accouchement, à 10 cm le travail est terminé et la prochaine étape est la poussée).
  • Je devais respirer très fort et faire des grognements pour supporter la douleur. Mais ça marche vraiment les filles!
  • Pendant les plus grosses contractions, mon chum m’a dit que j’étais mauve. Contente de ne pas avoir de photos à l’appui.
  • J’avais de gros frissons, des convulsions, mais c’était normal et il n’y a rien de dangereux là-dedans. C’était juste le signe que mon corps en arrachait solidement.
  • Je voyais dans la face de mon chum qu’il était méga inquiet, mais j’étais incapable de parler. J’avais le goût de lui dire que ça allait bien malgré la douleur, mais je pouvais seulement me concentrer sur le travail.
  • Le médicament a pris environ 20 minutes à faire effet.
  • Après, c’était vivable, très tolérable, on faisait même des jokes, on rigolait avec les infirmières. Vive la médecine moderne!
  • La poussée a durée environ 1h30. J’ai jamais autant forcé de ma vie, viarge que je ne suis pas en forme.
  • Laurent est arrivé 4 petites heures après notre arrivée à l’hôpital.
  • Il pleurait, il était rose/rouge et très vigoureux.
  • J’en revenais pas, c’était tellement rapide, presque surréaliste…

Étrangement je n’ai pas pleuré, je crois que j’étais trop sous le choc de cette rencontre rapide. Les 48 heures à l’hôpital sont vraiment floues dans ma tête. On a demandé à avoir peu de visite, car on était épuisés par le manque de sommeil (c’est ça quand on accouche la nuit). Il fallait que je prenne le beat de l’allaitement, il y avait la douleur post-accouchement, les médicaments à prendre, une fatigue tellement intense. J’avais hâte de revenir à la maison, mais en même temps j’avais si peur de ne plus avoir le support des infirmières. Les premières semaines étaient déstabilisantes pour plusieurs raisons. J’ai compris toute la signification de l’expression «manque d’énergie». Heureusement, on a eu de l’aide et de la bouffe de nos proches. C’est tellement le plus beau cadeau à recevoir quand on vient d’accueillir un bébé. Le bonheur de manger une lasagne maison, toute prête. Juste à la sacrer dans le four entre deux boires. Il y a eu les visites qui changent les idées, mais qui épuisent. J’avais l’impression d’être dans le film «Le jour de la marmotte», les journées se ressemblaient beaucoup : écouter des films et la télé en allaitant, un peu de rangement, des siestes en même temps que bébé, manger, prendre sa douche, recommencer. Disons qu’avec des tétées aux 2 heures, entre le changement de couche et l’endormissement de Laurent, il y avait peu de temps pour relaxer. Plusieurs amis m’avaient dit que les 3 premiers mois sont les plus difficiles. C’est effectivement vrai, je comptais les jours. À partir de ce moment-là, Laurent a commencé à dormir 5 heures de suite la nuit et on a ENFIN pu récupérer. On s’adapte, on crée une routine, on développe des trucs, on se renseigne. Il n’y a rien de magique, chaque bébé est différent. On avait quand même du fun malgré toute la fatigue. C’était vraiment touchant de découvrir notre garçon.

Je ne vais pas être hypocrite, la dernière année a été la plus difficile de ma vie. C’est un défi de taille d’avoir un enfant, le travail c’est de la petite bière à côté de ça. C’est même relaxant. Je ne pensais pas que le manque de sommeil allait m’atteindre autant. C’était une surprise pour moi, je pensais être plus forte que ça. J’ai appris énormément sur mes capacités, mes limites, la fragilité de la vie, l’importance de mon couple, les concessions, les doutes. Et la vie a été gentille avec moi, je n’ai même pas eu de dépression post-partum. Ouf, je lève mon chapeau à celles qui ont vécu ça.

Laurent a eu 1 an il y a quelques jours. Le sommeil est encore en montagne russe, certaines journées sont encore épuisantes. C’est quand même beaucoup plus stable qu’au début, on a plus d’expériences aussi. À un an, Laurent est un bébé actif, qui bouge partout, touche à tout, goûte à tout, qui sourit, pleure la minute d’après, veut être dans nos bras, ah ben non finalement. Une petite boulette d’émotion très attachante. Il apprend tellement de choses à chaque semaine, c’est fascinant de l’observer. Je découvre à quel point mon cerveau est maintenant scindé en deux, je pense constamment à lui. Avant d’avoir un enfant, j’avais lu que cette expérience ne rendait pas plus heureux, mais donnait une raison de plus à vivre, à se battre. C’est ça. Vraiment ça.

Je lui souhaite une belle vie. D’être heureux, en santé, explorer, être curieux, vouloir se dépasser, apprendre, avoir ben ben ben du fun avec sa famille et ses amis. On va tout faire pour lui offrir cette vie.
La deuxième année est une année importante, avec beaucoup de découvertes et d’apprentissages.

Je vais lui tenir la main à chaque étape, avec le plus gros sourire au monde.

—–

Bon temps des Fêtes à tous, je vais revenir bientôt pour raconter le premier anniversaire de monsieur.

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face de fille ben fatiguée, avant de sortir de l’hôpital le 28 décembre 2012

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2 Réponses vers 1 an avec toi

  1. 

    Aaaaw… Nostalgie! :) J’adore te lire, ça me fait découvrir de nouvelles couleurs à la vie de maman! Je te trouves positive et réaliste en même temps, ça fait du bieeeeeen! :D

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